est ce qu'un kiné peut faire une ordonnance

Kiné : le kinésithérapeute peut-il établir une ordonnance pour des dispositifs médicaux ?

Prescrire en sécurité

  • Cadre légal : le kinésithérapeute prescrit seulement les dispositifs inscrits par arrêté, se référer à Legifrance et Ameli pour les textes à jour.
  • Prescriptions : certaines initiales exigent un médecin, le kiné peut adapter ou renouveler selon l’arrêté et l’indication clinique.
  • Formalités : l’ordonnance doit mentionner patient, désignation précise ou code LPPR, durée, signature et numéro ADELI/RPPS pour le dossier.

La capacité d’un masseur‑kinésithérapeute à prescrire des dispositifs médicaux est encadrée et limitée par le Code de la santé publique et par des arrêtés ministériels. Le kinésithérapeute ne peut pas prescrire librement comme un médecin, mais la réglementation lui reconnaît, pour certains dispositifs listés par arrêté, la possibilité d’établir une ordonnance, d’adapter ou de renouveler des équipements dans des conditions précises. Cet article décrit le cadre légal, les obligations formelles de l’ordonnance, des exemples pratiques et les démarches pour permettre le remboursement par l’Assurance Maladie.

Cadre légal et sources officielles

Le Code de la santé publique fixe les compétences, les limites et les responsabilités de la profession de masseur‑kinésithérapeute. Des arrêtés ministériels publiés au Journal officiel précisent la liste des dispositifs médicaux que le kinésithérapeute est autorisé à prescrire, adapter ou renouveler. Les textes peuvent évoluer : il est donc indispensable de consulter les sites officiels pour la version à jour, notamment Legifrance pour le Code et les arrêtés, Ameli pour les règles de prise en charge et les codes LPPR, et le site de l’Ordre des masseurs‑kinésithérapeutes pour les recommandations professionnelles.

Prescriptions possibles : principe et limites

Le principe est que le kinésithérapeute peut prescrire uniquement des dispositifs inscrits par arrêté. Pour certains dispositifs, la prescription initiale doit être faite par un médecin pour que la prise en charge soit possible, mais le kinésithérapeute peut ensuite assurer l’adaptation ou le renouvellement. Pour d’autres, l’arrêté autorise le kiné à établir la prescription initiale lorsque les conditions cliniques et techniques sont réunies.

Exemples de dispositifs et situations fréquentes

  • Ceintures lombaires : souvent prescrites pour la lombalgie aiguë ou chronique. Selon l’arrêté en vigueur, la prescription peut être faite ou renouvelée par le kinésithérapeute si le dispositif figure sur la liste autorisée et si l’indication est bien documentée.
  • Attelles et orthèses d’immobilisation (par ex. attelle de cheville) : le kiné peut fréquemment adapter le dispositif et préciser la durée de port, surtout après une prescription initiale médicale, mais certains cas permettent une prescription directe si l’arrêté le prévoit.
  • Bassins de contention et bas de compression : ces dispositifs nécessitent souvent une prescription médicale initiale pour la prise en charge. Le kiné peut cependant participer à l’évaluation et au renouvellement selon les règles fixées.
  • Coussins d’assise ou dispositifs anti‑escarres : certains équipements destinés à la prévention ou au traitement des escarres sont listés et peuvent être prescrits par le kiné dans les conditions prévues par l’arrêté.

Mentions obligatoires et formalités de l’ordonnance

Une ordonnance établie par un kinésithérapeute doit comporter les mentions nécessaires pour permettre la prise en charge par l’Assurance Maladie et pour être conforme sur le plan professionnel. Ces mentions comprennent l’identité complète du patient (nom, prénom, date de naissance), la désignation précise du dispositif (idéalement avec le code LPPR si connu), la quantité ou la durée, la date, la signature et le cachet du professionnel ainsi que son numéro ADELI ou RPPS selon le cas.

Le kinésithérapeute engage sa responsabilité civile et déontologique en rédigeant une prescription. Il doit s’assurer de la pertinence clinique du dispositif, documenter l’indication médicale dans le dossier patient et conserver une copie de l’ordonnance et des justificatifs. Une prescription hors cadre légal ou incomplète peut entraîner le refus de remboursement, des sanctions disciplinaires par l’Ordre et, en cas de fraude, des poursuites pénales.

Pratiques recommandées et étapes avant de prescrire

  1. Vérifier que le dispositif figure bien sur l’arrêté ministériel en vigueur via Legifrance ou les publications de l’Assurance Maladie.
  2. Consulter la liste LPPR sur le site Ameli pour connaître le code remboursable, les critères de prise en charge et les modalités de durée ou quantité.
  3. Évaluer cliniquement le patient, rédiger un compte‑rendu précis justifiant la nécessité du dispositif et conserver ce document dans le dossier patient.
  4. Rédiger l’ordonnance en respectant les mentions obligatoires, indiquer le numéro ADELI ou RPPS et signer l’acte.
  5. Si la prescription initiale doit être médicale selon l’arrêté, contacter le médecin traitant pour qu’il formule la prescription initiale ; le kiné pourra ensuite adapter ou renouveler.

Responsabilité, remboursement et recours en cas de doute

Le kinésithérapeute doit être conscient de l’impact de ses prescriptions sur le remboursement. L’Assurance Maladie n’acceptera la prise en charge que si la prescription est conforme aux règles et si les codes LPPR et conditions sont respectés. En cas de doute sur l’interprétation d’un arrêté ou sur la possibilité de prescrire un dispositif donné, il est recommandé de :

  • Contacter la CPAM locale ou consulter les fiches pratiques Ameli pour les critères de remboursement.
  • Solliciter l’avis du médecin traitant ou d’un spécialiste pour la prescription initiale si nécessaire.
  • Consulter l’Ordre des masseurs‑kinésithérapeutes pour des recommandations déontologiques ou des modèles d’ordonnance.

La prescription de dispositifs médicaux par un masseur‑kinésithérapeute en France est possible mais strictement encadrée. Pour exercer ce droit en toute sécurité juridique et professionnelle, il convient de vérifier les textes à jour (arrêtés et LPPR), de respecter les mentions obligatoires sur l’ordonnance, de documenter l’indication clinique et, en cas d’incertitude, de coordonner avec le médecin traitant. Le respect de ces règles protège le patient, facilite le remboursement et limite les risques de mises en cause professionnelles.

Nous répondons à vos questions

Quelle prescription peut faire un kiné ?

En pratique, un kiné peut prescrire certains dispositifs médicaux pour faciliter la prise en charge au domicile. On pense aux appareils destinés au soulèvement du malade, potences et soulève malades, utiles pour transférer sans aggraver la douleur. Il est aussi possible de prescrire un matelas d’aide à la prévention d’escarres en mousse de haute résilience type gaufrier, pour protéger les peaux fragiles. Ce n’est pas un laissé pour compte, c’est du soin concret. Parfois surprenant pour le patient, ce geste améliore le confort et prévient des complications sérieuses, alors il vaut la peine d’en parler. N’hésitez pas à demander aujourd’hui.

Est-ce qu’un kiné peut prescrire des anti-inflammatoires ?

Non, un kiné ne peut pas prescrire des anti-inflammatoires, ni d’autres médicaments comme les antalgiques. En revanche, il peut recommander et prescrire des dispositifs de soutien, par exemple une ceinture lombaire, une genouillère, une chevillière ou des bas de contention, qui aident à stabiliser et diminuer la douleur. L’arrêt de travail, les radios ou une IRM relèvent du médecin. Le kiné travaille en complément, il évalue, conseille, adapte les appareils et les exercices. C’est un maillon du parcours de soin, souvent rassurant, mais il faudra consulter un médecin pour la prescription médicamenteuse. Demandez toujours l’avis médical avant toute prise médicamenteuse.

Comment faire une ordonnance en tant que kiné ?

Pour rédiger une ordonnance en tant que kiné, il faut respecter des mentions obligatoires et soigner la clarté. Inscrire l’identification complète du masseur kinésithérapeute, nom, adresse, numéro d’identification, puis les nom et prénom du patient et la date de rédaction. Préciser la dénomination du dispositif médical et la quantité prescrite, par exemple une attelle, un matelas ou un appareil, en évitant l’approximation. Ajouter la durée si nécessaire et la justification clinique succinte. Signer avec votre identification professionnelle. Ces règles protègent le patient et facilitent le suivi, donc mieux vaut vérifier avant d’envoyer. En cas de doute, contacter le médecin référent.

Est-ce qu’un kiné peut faire une ordonnance pour une radio ?

En l’état, la prescription d’imagerie médicale par un kiné reste limitée. Habituellement, la radio, le scanner ou l’IRM sont prescrits par le médecin, car ces examens entraînent des décisions thérapeutiques et des implications juridiques. Cela dit, des évolutions encadrées existent, et certains textes envisagent l’accès direct pour des situations précises, lombalgie aiguë ou entorse par exemple. Dans la pratique quotidienne, il est fréquent que le kiné préconise l’examen au médecin, en expliquant l’argumentation clinique. Si besoin, demandez au kiné de vous orienter vers le médecin pour obtenir la prescription formelle. Ne tardez pas si la douleur augmente ou persiste sérieusement.

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Léa Frayssinet

Spécialiste en stratégie d’entreprise et passionnée par l’innovation, Léa Frayssinet partage son expertise pour accompagner les entrepreneurs dans chaque étape de leur parcours. Que ce soit en matière de gestion, de finance ou de création d’entreprise, son approche pratique et visionnaire aide les professionnels à construire des bases solides et à développer des stratégies performantes. À travers son blog, elle offre des outils essentiels et des conseils avisés pour relever les défis du monde des affaires.

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